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deux envies de scrapper...
pour l'anniversaire de ma puce,
j'ai préparé des tag books pleins de photos d'elle et eux,
pour que son parrain et sa marraine soient aussi à la fête...
Savez-vous que d’un point de vue génétique nos enfants naissent plus âgés que nous ?...
L’âge de l’espèce, plus le nôtre. Génétiquement parlant, ils sont nos aînés.
…
Légitime fureur de Verdun, évidemment…
On lui promettait un être tout neuf…
Et voilà qu’elle débarque avec toute notre expérience inhumaine.
C’est gros comme un rôti de famille…
Rouge viande tout comme…
Saucissonné dans l’épaisse couenne de ses langes…
C’est luisant.
C’est replet de partout.
C’est un bébé.
C’est l’innocence.
Mais gaffe…
Quand ça roupille, paupières et poings serrés, c’est dans le seul but de se réveiller et de le faire savoir.
Et quand ça se réveille…
C’est Verdun !
C’est la mémoire du monde !
Toutes les boucheries de l’homme en une seule bataille !
Les batteries soudain en action, le hurlement des shrapnels, l’air n’est plus qu’un son, le monde tremble sur ses fondations, l’homme vacille dans l’homme, prêt à tous les héroïsmes comme à toutes les lâchetés pour que ça cesse, pour que ça retrouve le sommeil, même un petit quart d’heure, pour que ça redevienne cette énorme paupiette, menaçante comme une grenade, certes,
Mais silencieuse, au moins !
Ce n’est pas qu’on dorme soi-même quand Verdun se rendort… on est bien trop occupé à la surveiller, à prévoir ses réveils, mais au moins les nerfs se détendent un peu.
L’accalmie…
Le cessez-le-feu…
La respiration de la guerre…
On ne dort que d’un œil et sur une oreille.
Dans nos tranchées intimes le guetteur veille…
Et, dès le premier sifflement de la première fusée éclairante…
A l’assaut, bordel !
Tous à vos biberons !
Des couches, les infirmières !
Des couches, nom de Dieu !
Ce qui est englouti d’un côté déborde presque aussitôt de l’autre et les hurlements de la propreté bafouée sont encore plus terrifiants que ceux de la famine.
Des biberons !
Des couches
…
Ça y est, Verdun s’est rendormie…
Elle nous laisse debout, hébétés, chancelants, l’œil vide fixé sur l’ample sourire de sa digestion.
C’est le sablier de son visage, ce sourire.
Il va rétrécir peu à peu,
Les commissures vont se rapprocher,
Et,
Quand cette bouche toute rose ne sera plus qu’un poing noué, le clairon sonnera l’assaut des troupes fraîches !
De nouveau, le long hurlement vorace jaillira des tranchées pour investir les cieux.
Et les cieux répondront par le pilonnage de toutes les artilleries :
Voisins cognant au plafond…
Injures explosant dans la cour de l’immeuble…
Lettres recommandées…
Les guerres sont comme les feux de broussailles, si on n’y prend pas garde elles se mondialisent, tu verras…trois fois rien d’abord, une petite explosion dans le crâne d’un duc, à Sarajevo, et cinq minutes après, tout le monde se fout sur la gueule.
Et ça dure…
Verdun n’en finit pas…
Et l’Histoire se répète…
Ce que ton oncle Jérémy, les yeux au milieu de la figure, résume par cette question exténuée en se penchant sur le berceau de Verdun :
mais ça ne grandit donc jamais ?
non,
ça ne grandit pas.
Tu veux mon avis ? si l’homme ne mange plus l’homme, au jour d’aujourd’hui, c’est uniquement parce que la cuisine a fait des progrès !
Monsieur Malaussène au théâtre, D. Pennac
….c’est promis, on la baptisera pas Verdun pour de vrai…
premier tag book, pour la mamma
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